Le piège de l’informatique !

Humour_InformatiqueNe vous méprenez-pas, notre éditorial n’est pas un brûlot contre ce merveilleux outil !

Après avoir réussi à convaincre les « inconditionnels du crayon, du papier et de la loupe », le rêve que faisaient, depuis la fin des années 80, les membres de la commission « Généalogie à domicile » a fini par se réaliser.

S’il nous est possible maintenant de nous lancer dans une recherche, bien calé au fond d’un fauteuil, c’est en bonne partie grâce à l’opiniâtreté et à la compétence de pionniers tels qu’André Barbaroux, Marcel Guénot, Edmond Ducros ou Alain Otho pour ne citer ici que quelques avant-gardistes dont nous saluons le travail.

Internet dès sa naissance nous est devenu indispensable et nous ne sommes pas prêts de l’oublier.

Mais notre bel enthousiasme pourrait nous faire perdre toute prudence.

C’est l’objet de notre propos, une sorte d’appel à la modération.

Nous ne devons pas oublier les limites actuelles de ces fabuleux moyens que la technologie met aujourd’hui à notre disposition.

Ce ne sont pas les pieds du colosse qui nous inquiètent, Dieu merci ils sont solides, mais, et c’est un paradoxe, sa mémoire.

Non pas sa mémoire intrinsèque, instantanée, celle qui nous permet de sauvegarder le travail d’un jour ou d’une semaine, mais celle que nous désirons mettre en œuvre pour pérenniser nos travaux. Cette mémoire que nous envisageons immortelle en la confiant à des supports que nous estimons infaillibles.

Nous avons déjà été prévenus de la fragilité d’un disque dur qui, nous dit-on, peut être parfois « congénitale » et nous y remédions en mettant à contribution plusieurs disques durs externes et, recours suprême, nous gravons nos travaux, non pas dans le marbre, mais dans le polycarbonate, l’aluminium ou la résine sur une multitude de cédéroms.

Et voilà que, malgré cela, on prend conscience du danger encouru lorsque la Bibliothèque Nationale de France nous apprend que ces supports, tout comme les cassettes DAT (Digital Audio Tape) ont une durée de vie qui, en moyenne, ne dépasse pas dix ans.

Il faut alors reconnaitre que cette limite est vraiment trop courte pour nous garantir la transmission de nos études aux descendants de nos descendants….

La BNF l’a bien compris : depuis 1999, elle a chargé la société Digipress (une PME de la région de Caen), de numériser et de graver des millions de pages et d’images sur des « cédérom en verre trempé », technique qu’elle a mise au point avec l’aide du Ministère de la Culture et de l’ANVAR. Ce nouveau support dénommé Century Disc, offre actuellement une durée de vie qui est estimée à une cinquantaine d’années.

Bien entendu, ces considérations dépassent largement nos compétences et nous attendrons que des spécialistes donnent leur avis et proposent éventuellement d’autres solutions.

Il existe aussi une solution onéreuse, celle qu’emploient certaines entreprises et à laquelle des particuliers peuvent aujourd’hui accéder, elle consiste à confier ses travaux à un hébergeur.

Quelles conséquences doit-on tirer de cette situation et quelles mesures peut-on envisager de prendre pour les atténuer ?

Peut-être est-ce le moment de faire amende honorable aux « inconditionnels du crayon du papier et de la loupe » que nous avions fustigés ces dernières années.

De quelles façons ?

S’il s’agit de travaux importants et compacts, il semblerait que la meilleure solution soit le recours à l’édition traditionnelle qui engendre le dépôt légal.

Pour ce qui est des chantiers généalogiques, s’ils sont importants et diffus on peut envisager le dépôt des feuillets, des carnets où des feuilles imprimées auprès de la bibliothèque Yvan-Malarte du CGMP à Port de Bouc qui fut créée à cet effet.

Il est aussi possible de les déposer auprès des Archives Communales ou Départementales du lieu concerné ou de sa propre résidence, sachant que ces dépôts peuvent éventuellement être couverts par un délai de non communicabilité s’ils devaient comporter des informations dont la révélation pourrait nuire aux descendants contemporains.

La bonne solution pour des travaux historiques ou généalogiques concis ou pour des chantiers concernant des généalogies inédites, est sans conteste l’insertion d’un article dans notre Bulletin « Provence Généalogie », sachant que l’attribution d’un numéro ISSN à notre publication rend obligatoire son dépôt auprès des bibliothèques légales et entre autres, auprès de la Bibliothèque nationale.

Pour terminer ces lignes, précisons à nos nouveaux adhérents que le CGMP atteindra ses 45 ans d’activités au mois de novembre prochain et que, depuis sa naissance, notre bibliothèque Yvan-Malarte recueille de nombreux dépôts de travaux et d’ouvrages. Nous pouvons regretter de ne pas avoir les moyens pour mettre en ligne ces documents, à l’instar de ce que fait « Gallica » pour la BNF, mais, nous vous invitons à venir les consulter à Port de Bouc en prenant soin de vous renseigner sur les heures et jours d’ouverture. Il serait étonnant que vous n’y trouviez pas de précieux renseignements.

Dans le courant de l’été, le site du CGMP va reprendre vie à l’adresse suivante : http://www.cgmp-provence.org/

Vous pourrez tous participer à son enrichissement, en proposant les pages que vous aimeriez y trouver et l’aide à la mise en forme et à la numérisation que vous pourriez fournir. Il suffit pour cela de se rapprocher du bureau de chacune de nos associations.

Voilà de bonnes réflexions pour nous accompagner jusqu’aux premiers jours d’octobre où débutera notre XXIIIe Congrès National de généalogie, à Poitiers.

D’ici là, prenez soin de vous !

Jean-Marie delli Paoli

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